Ça se discute

(Rugby News Service) Mardi 18 octobre 2011
 
Ça se discute
La France a construit sa victoire sur le pays de Galles par son jeu au pied tactique et sa mainmise en touche.

AUCKLAND, le 17 octobre - Même si la campagne du XV de France n’a pas été des plus impressionnantes, les hommes de Marc Lièvremont ont au moins montré leurs capacités à franchir les obstacles en devenant la première équipe à atteindre une finale de Coupe du Monde après avoir perdu deux matches de poule.

Depuis leur victoire compliquée face au Japon, pour leur premier match de la Coupe du Monde de rugby 2011, les Bleus ont été soumis à un sévère régime de critiques. Pourtant, le réalisme affiché au cours de leurs victoires face à l’Angleterre (19-12), en quart de finale, et au pays de Galles (9-8), en demi-finale, démontre une véritable faculté à se tenir à un plan de jeu, peut-être moins spectaculaire que par le passé, et à gagner en l’appliquant.

Une semaine après avoir largement contribué à mettre à terre l’ancienne bête noire anglaise en Coupe du Monde (deux demi-finales perdues par les Bleus en 2003 et 2007) par la qualité de son jeu au pied, le demi de mêlée Dimitri Yachvili a passé le relais à son partenaire de la charnière Morgan Parra, qui s’est chargé face aux Gallois d’enquiller les trois pénalités (100 % de réussite à cet exercice) nécessaires à la victoire.

Le 9-8 de ce France - pays de Galles est le deuxième plus petit score enregistré au cours d’un match à élimination directe de Coupe du Monde. Face à ce résultat mitigé, le sélectionneur Marc Lièvremont veut surtout retenir la réalité de la victoire. « On a su gagner avec nos armes du moment », précise l'entraîneur tricolore. « Il faut savoir apprécier et se contenter de ça. »

L’arme fatale de la France contre l’Angleterre s’est située dans cette faculté à déplacer le jeu par de longs coups de pied et à gagner la bataille de l’occupation territoriale. Mais contre le pays de Galles, qui a réussi à exercer une plus forte pression offensive, cette stratégie a muté dans une approche tactique différente, les Bleus tapant leurs ballons en touche pour les récupérer ensuite par leur plus grande maîtrise dans ce compartiment de jeu.

A sept reprises en première mi-temps, la France est parvenue à récupérer des ballons en touche offrant à Dimitri Yachvili, Morgan Parra, Maxime Médard ou Maxime Mermoz l’occasion de dégager leur camp au pied.

Pourtant la touche galloise a plutôt pas mal fonctionné durant cette première période, le plus grand joueur du tournoi, le deuxième ligne gallois Luke Charteris, et le leader des alignements Alun Wyn Jones, parvenant à s’imposer régulièrement. Malheureusement pour eux, les mouches ont changé d’âne en seconde période.

« Ils ne voulaient pas vraiment jouer »

Saisissant leur chance après que l’ouvreur James Hook a manqué deux pénalités abordables, l’équipe de France réussit à prendre la tête 6-3, ajoutant à son froid réalisme au pied et à son efficacité en touche, une régularité dans les plaquages qui a parfaitement freiner la dynamique offensive galloise.

« Ils ne voulaient pas vraiment jouer », déclare amèrement le demi d’ouverture Stephen Jones. « Dès qu’ils ont pris l’avantage au score, ils ne voulaient plus jouer dans leur propre moitié de terrain, donc ils ont passé leur temps à renvoyer le ballon chez nous. »

En deuxième mi-temps, cette tactique bleue a éprouvé le jeu tout en mobilité des Gallois. Les français ont ainsi contraint les Gallois à disputer 13 touches, ce qui n’est pas négligeable quand on sait que la moyenne de touches jouées par le pays de Galles durant cette Coupe du Monde est de 11,6 par match.

Les Français ont réussi à contrer habilement les lancers du talonneur des Dragons Rouges Huw Bennett, par l’intermédiaire de leurs meilleurs sauteurs, le deuxième ligne Lionel Nallet, le numéro 8 Imanol Harinordoquy et le troisième ligne aile et homme du match Julien Bonnaire. Quatre touches galloises ont ainsi changé de mains.

Ce chiffre est considérable quand on tient compte du fait que les Gallois n’avaient perdu au pire dans cette CdM que trois lancers contre les Samoa. Même contre la redoutable touche sud-africaine, lors de leur premier match de poule, les Gallois n’avaient concédé que deux de leurs lancers.

En comparaison, la France a bénéficié de sept lancers en touche en seconde période. Ils ont gagné six d’entre eux, tous par le biais de leur ancien capitaine Lionel Nallet.

Une stratégie risquée

Gérer son avance et rendre constamment la possession du ballon à l’adversaire peut se révéler une tactique risquée. L’essai du demi de mêlée gallois Mike Phillips juste avant l’heure de jeu a d’ailleurs montré à quel point l’importance de la touche a prédominé en deuxième mi-temps.

Acculé sur sa ligne d’en-but, Morgan Parra dégage en touche, légèrement en dehors des 22 mètres français. Alun Wyn Jones s’empare du ballon, et trois phases de jeu plus tard, Mike Phillips saisit l’intervalle pour aller marquer le seul essai de la rencontre.

Les Gallois sont désormais à un point. Mais le buteur Stephen Jones envoie sa transformation sur le poteau. Et en dépit d’une possession quasi intégrale dans le dernier quart du match, les Gallois ne parviendront pas à débloquer à nouveau le compteur.

Dans cette mise en échec des rouges, le chiffre de 126 plaquages réalisés par les Bleus, leur plus haut total de toute la CdM 2011, éclaire très bien le niveau de leur performance. Disciplinée dans les zones de plaquage, prudente dans les rucks, l’équipe française a gagné la bataille du sang-froid.

A ce petit jeu du replacement défensif judicieux, cherchant le plaquage systématique sans chercher à contester le ballon dans la zone de ruck pour éviter tout risque de pénalité, les Français ont été d’une maîtrise quasi-parfaite, ne laissant aux Gallois qu’une seule pénalité, que l’arrière Leigh Halfpenny, tapé à 50 mètres, a placé à quelques centimètres seulement des barres.

Soulagé, Julien Bonnaire admet tout de même le risque d’un tel plan de jeu, mais il se satisfait du résultat venant l’accréditer.

« Peut-être qu’on a pensé un peu trop tôt dans le match que c’était gagné », reconnaît-il. « La défense nous a sauvés ce soir ! L’essentiel est là, on est en finale.  »

RNS ct/sdg/mr/lc/mp/dm

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